Un accompagnement en trois actes pour les victimes de violences : comprendre, se défendre, se reconstruire.
Nathalie Tomasini
Un coach en reconstruction aux côtés des victimes
Sommaire :
- Comment définir la violence ?
- Les différentes formes de violence
- De lourdes conséquences sur la victime
- Le processus de reconstruction
- Un programme de coaching sur mesure pour se remettre d’actes de violences
- Les étapes clés pour se reconstruire
- Une double expertise au service de la reconstruction
Comment définir la violence ?
La violence désigne tout acte, comportement ou parole visant à porter atteinte à l’intégrité physique, psychique ou morale d’une personne. Elle se caractérise par un rapport de domination où l’un exerce un pouvoir destructeur sur l’autre. Loin de se limiter aux coups et aux agressions visibles, elle englobe un spectre large de manifestations, parfois insidieuses, qui peuvent passer inaperçues aux yeux de l’entourage tout en laissant des traces profondes chez celui ou celle qui les subit.
La violence ne se manifeste pas toujours de façon soudaine ou évidente, elle peut s’installer progressivement, au fil de comportements répétés, jusqu’à devenir une composante durable du quotidien de la personne qui en est victime. Ce caractère insidieux constitue d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles tant de personnes peinent à identifier ce qu’elles vivent comme relevant réellement de la violence, tant les frontières semblent parfois floues entre tension relationnelle ordinaire et emprise toxique.
- Une dynamique de contrôle
La notion de violence recouvre une dimension relationnelle essentielle. Elle naît souvent dans un contexte d’interaction, qu’il s’agisse d’un couple, d’une famille, d’un environnement professionnel ou social. L’auteur des violences met en place différents moyens pour réduire l’autonomie de la victime, limiter sa capacité de décision ou remettre en cause sa perception de la réalité.
Les différentes formes de violence
La violence revêt des visages multiples, rarement isolés les uns des autres, qui tendent au contraire à s’entremêler. Beaucoup de victimes subissent ainsi un cumul de ces violences, dont les effets combinés s’en trouvent considérablement aggravés.
- La violence physique
La violence physique est la plus facilement identifiable. Elle rassemble tous les actes qui portent atteinte à l’intégrité corporelle : coups, gifles, bousculades, brûlures, strangulation, séquestration, privation de soins ou usage d’une arme. Ces agressions occasionnent des blessures d’intensité variable, tout en installant chez la victime une crainte constante de subir de nouvelles atteintes.
- La violence psychologique
Difficile à percevoir de l’extérieur, la violence psychologique se construit à travers des comportements destinés à déstabiliser une personne afin d’exercer une emprise sur elle. Les humiliations, les insultes, les critiques constantes, les menaces, le dénigrement, les manipulations ou le chantage affectif en sont quelques exemples. Cette forme de maltraitance fragilise peu à peu la valeur personnelle et peut conduire à une perte totale de confiance dans ses propres capacités de jugement.
- La violence verbale
Les mots peuvent devenir de véritables instruments de domination. Les injures, les cris, les moqueries répétées, les propos méprisants ou les remarques dévalorisantes créent un climat de tension permanent. À force d’être confrontée à ces attaques, la victime peut finir par intégrer une image négative d’elle-même et considérer ces comportements comme normaux.
- La violence sexuelle
La violence sexuelle réunit l’ensemble des actes ou comportements à caractère sexuel imposés sans consentement réel et libre. Elle inclut les agressions sexuelles, le viol, le harcèlement sexuel, les contraintes exercées dans le cadre de la vie intime, ainsi que toute pression exercée pour forcer une relation sexuelle. Au-delà des atteintes physiques, cette violence touche profondément l’identité, le rapport au corps et le sentiment de sécurité.
- Le harcèlement
Le harcèlement représente une forme spécifique de violence, définie par la répétition d’agissements hostiles à l’encontre d’une personne. Il peut survenir dans des contextes variés : professionnel, scolaire, familial ou encore numérique. À force de se répéter, les comportements de dénigrement, d’intimidation ou d’exclusion finissent par engendrer une souffrance considérable, alors même qu’aucune atteinte physique n’a été portée.
- La violence économique
La violence économique consiste à priver une personne de son autonomie financière afin de renforcer une relation de dépendance. Elle peut se traduire par la confiscation des revenus, l’interdiction de travailler, le contrôle systématique des dépenses, la création volontaire de dettes ou encore la privation des ressources nécessaires à la vie quotidienne.
De lourdes conséquences sur la victime
Les effets de la violence perdurent bien au-delà du moment des faits et viennent affecter la santé, les relations sociales, la vie professionnelle ainsi que l’équilibre émotionnel.
Sur le plan psychique, les victimes peuvent développer une anxiété persistante, un état d’hypervigilance, des troubles du sommeil, une dévalorisation de sa propre image, un sentiment de culpabilité ou encore une profonde détresse émotionnelle. Chez un certain nombre de victimes, ce tableau clinique s’accompagne de signes typiques du stress post-traumatique, avec des souvenirs intrusifs, des nuits agitées par des cauchemars et une appréhension continue face à l’éventualité de revivre les événements.
Les effets physiques de la violence ne doivent en aucun cas être négligés. Outre les blessures qui peuvent en résulter, le corps donne parfois à voir sa souffrance sous forme de douleurs chroniques, de troubles digestifs, de migraines, d’une fatigue marquée ou de diverses manifestations psychosomatiques.
Par ailleurs, les capacités cognitives peuvent s’en retrouver affectées. Les difficultés de concentration, les troubles de la mémoire, la diminution des capacités décisionnelles ou la perte de confiance dans son propre jugement compliquent souvent les démarches du quotidien. Enfin, les violences répétées modifient profondément la perception que la personne entretient avec elle-même. Les projets sont souvent abandonnés, les aspirations personnelles mises de côté et le sentiment d’avoir perdu le contrôle de sa propre existence peuvent devenir particulièrement envahissants.
Le processus de reconstruction
Se relever après avoir subi des violences nécessite d’entamer un véritable travail intérieur devant permettre de recouvrer un sentiment de sécurité, une stabilité émotionnelle et la capacité à se projeter de nouveau dans l’avenir.
Aucun parcours ne ressemble à un autre. La durée, les étapes et le rythme diffèrent selon les expériences vécues, les ressources personnelles, le soutien disponible et la nature des violences subies. Il n’existe donc pas de calendrier universel pour se reconstruire.
La première étape consiste souvent à reconnaître les épreuves endurées et à accepter leur réalité. Cette prise de conscience permet de sortir du déni, de mettre des mots sur ce qui a été vécu et de commencer à distinguer les responsabilités de chacun.
S’ouvre ensuite une phase consacrée à la sécurisation. Elle peut impliquer l’éloignement de l’auteur des violences, la mise en place de protections adaptées ou la reconstitution d’un environnement rassurant. Ce retour à la stabilité représente une condition indispensable pour permettre à l’apaisement de s’installer.
Un programme de coaching sur mesure pour se remettre d’actes de violences
Après des violences, le chemin vers la reconstruction peut sembler complexe, incertain et parfois difficile à entreprendre seul. Un accompagnement adapté aide à restaurer peu à peu des repères stables, à décrypter les mécanismes traversés et à renouer avec ses propres ressources intérieures. Porté par une approche sur-mesure, le coach en reconstruction intervient à chaque étape du parcours, afin de sortir de la confusion et franchir les blocages rencontrés.
Le suivi proposé se construit en fonction des besoins propres à chaque personne. Mieux appréhender les violences endurées, se préparer aux moments déterminants du parcours, rebâtir une estime de soi durable, reprendre confiance dans sa trajectoire professionnelle ou tisser des liens plus équilibrés. L’ensemble de ce process vise à permettre à chacun de reconquérir, pas à pas, son pouvoir d’agir et de redevenir pleinement l’auteur de sa propre histoire.
Les étapes clés pour se reconstruire
La reconstruction après des violences commence par un temps de clarification, essentiel avant toute autre initiative. Le coach intervient dès cette phase initiale, souvent délicate, où il s’agit avant tout de remettre du sens là où régnaient confusion et doute.
Nommer ce qui a été subi constitue un acte fondateur. Cette démarche permet de sortir de la minimisation et d’un sentiment de culpabilité fréquent chez les personnes ayant traversé ce type d’épreuve. Elle offre également un éclairage précieux, les réactions adoptées à l’époque (repli, silence, soumission) répondaient à une situation traumatique, non à une quelconque faiblesse personnelle.
S’en suit un travail plus profond sur les croyances installées durant la période de violence. Décrypter les ressorts de l’emprise, tels que la dépendance affective, la manipulation, aide à prendre de la distance avec les évènements douloureux. Petit à petit, la personne retrouve sa capacité à penser par elle-même et à faire à nouveau confiance à son propre discernement.
Enfin, il sera nécessaire de prioriser les besoins immédiats, de fixer des objectifs atteignables, et d’avancer avec méthode plutôt que dans la précipitation. Chaque pas, aussi modeste soit-il, s’inscrit dans une progression respectueuse des ressources et du rythme propres à chacun.
- Faire entendre sa voix
Les démarches judiciaires représentent souvent une période particulièrement éprouvante après des violences. Entre le dépôt de plainte, les auditions, les expertises ou les audiences, chaque étape peut raviver des émotions difficiles et générer un sentiment d’insécurité. Un accompagnement par un coach en reconstruction après des violences permet de mieux appréhender ces moments importants.
Ce volet se concentre sur le renforcement d’une prise de parole claire et confiante. À travers différents exercices pratiques, la personne progresse sur sa posture, sa communication, sa respiration et sa gestion des tensions liées au stress. L’objectif final est d’installer une stabilité émotionnelle suffisamment solide pour rester focalisé, quelles que soient les circonstances déstabilisantes rencontrées.
La préparation du témoignage constitue également un axe essentiel. Il s’agit d’organiser les faits de manière cohérente, de reprendre possession de sa propre trame narrative et d’articuler avec justesse rigueur factuelle et sincérité émotionnelle.
Le coaching permet enfin de mieux comprendre le déroulement des expertises psychologiques, psychiatriques ou médicales. En identifiant les attentes des différents intervenants et les enjeux de ces évaluations, la personne peut aborder ces rendez-vous avec davantage de sérénité.
- Renaitre plus fort qu’avant
Cette dernière étape marque le passage d’une logique de survie à une véritable dynamique de vie. L’estime personnelle, souvent fragilisée par ce qui a été enduré, fait l’objet d’un travail particulier. Il s’agit de réconcilier la personne avec son propre corps, sa parole et ses capacités, longtemps mises à mal.
La sphère professionnelle constitue souvent un terrain privilégié de reconquête de soi. L’accompagnement aide à reprendre confiance dans ses compétences, à préparer un retour à l’emploi dans de bonnes conditions, ou à envisager une évolution, voire une reconversion. Une autre finalité de ce volet consiste aussi à développer une affirmation plus assurée face aux situations professionnelles du quotidien, qu’il s’agisse d’un entretien, d’une prise de parole ou d’une négociation.
Une double expertise au service de la reconstruction
Rares sont les accompagnements qui réunissent une véritable compréhension du fonctionnement judiciaire et une expertise fine des mécanismes psychologiques à l’œuvre dans les situations de violence. C’est pourtant sur cette double assise que repose mon programme.
La formation que j’ai suivie à l’école de coaching HEC, promotion 2016, apporte un cadre méthodologique rigoureux, centré sur le développement personnel et la restauration des ressources internes de la personne. En parallèle, une pratique établie du droit, en tant qu’avocate spécialisée dans les violences intrafamiliales, m’offre une lecture précise des étapes judiciaires souvent redoutées : leur déroulement, leurs exigences, leurs zones de confusion fréquentes.
Mon positionnement en tant que coach en reconstruction après les violences reste néanmoins clair. Il n’est pas question de parler à la place de la victime, ni de décider pour elle. Mon travail consiste à l’aider à retrouver ses propres capacités de discernement, pour qu’elle redevienne, à son rythme, pleinement actrice des décisions qui la concernent.
Un accompagnement dédié après des violences apporte donc un soutien concret à chaque étape. Il permet de mettre en perspective les événements traversés, d’aborder les rendez-vous judiciaires avec davantage de sérénité et de réparer une image de soi durablement affectée. Il favorise également un nouvel élan professionnel, l’établissement de relations plus stables, et la sensation d’avoir repris les commandes de son existence.
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